Dans cet article, nous allons voir les bases pour comprendre le compost.
Il y a deux facteurs important à connaître afin de pouvoir mieux se repérer et réussir son compost, ou juste savoir comment ça marche.
Et nous allons également voir 6 différentes méthodes de compostage afin de pouvoir choisir laquelle est la mieux adaptée à nos buts, nos goûts et notre contexte.


Les bases du compost

Tout d’abord, pour qu’un compost se fasse correctement il y a deux facteurs importants à connaître.

Le premier est le rapport Carbone sur Azote ou C/N.
Le second est le rapport Air sur Eau ou O2/H2O.

 

Le rapport C/N (Carbone/Azote)

feuille morte

Pour qu’un compostage se déroule bien, il nous faut atteindre un bon rapport de Carbone sur Azote.
L’idéal est entre 20 et 30. Il nous faut donc avoir, en moyenne25 fois plus de Carbone que d’Azote .

D’accord, mais quelles sont les matières Carbonées et lesquels sont Azotées ?

Pour commencer, les matières azotées sont généralement plus humides, vertes, jeunes et molles.

Leur décomposition est rapide et elles créent peu d’humus mais par contre, elles sont très nutritives, ont un effet fertilisant et favorisent la vie bactérienne.

Attention !! De part leurs grandes teneurs en eau et du fait qu’elles n’aient pas de structure solide, si elles sont mal gérées, ces matières peuvent engendrer un risque d’anaérobiose et ainsi tuer les micro-organismes pouvant même, créer des molécules toxiques.
Les micro-organismes participent au compostage, vous comprenez donc pourquoi nous voulons leur créer un lieu où ils pourront proliférer.

Pour savoir si vous avez eu une anaérobiose dans votre compost, il suffit de sentir son odeur. Un compost qui est devenu anaérobique, dégagera de mauvaises odeurs.

A l’inverse, les matières Carbonées sont plutôt sèches, vielles, brunes et dures.

Leur décomposition est lente, c’est pourquoi il est conseillé de les mélanger avec des matières azotées qui vont accélérer ce processus.
Elles créent beaucoup d’humus et favorisent la vie fongique.

 

En pratique, si vous mettez environ un volume de matières Azotées avec un volume de matières Carbonées, vous aurez de bons résultats. Mais à vous de voir et d’ajuster selon le comportement de votre compost.

 

Voilà un tableau pour mieux vous y retrouver :


Tableau non-exhaustif de C/N

Matières Azotées (C/N de 0 à 20)                    Matière équilibrées (C/N de 20 à 30)                   Matière Carbonées (C/N de < 30)

                    Urine = 0.7                                                 Fumier pailleux                                                     Reste de fruits = 35

                  Viande = 1                                                        Marc de café                    Paille d’Orge, d’Avoine et de Seigle = 50

               Déjections = 7.5                                      Feuilles mortes (fruitier)                         Feuilles mortes de chênes = 55  

          Herbe fraîche = 12.5                                         Déchets de cuisine                                           Pailles de blé et bois = 130

        Feuilles vertes = 15                                                           Foin                                                                             Papier = 300

                       Algues = 19                                                        Cendre                                                                           Sciure = 350


Le rapport Air/Eau

feuille eau

Voici le deuxième point important afin d’avoir un bon compostage.
L’humidité doit se situer aux alentours des 55%.

L’eau est nécessaire au développement des micro-organismes et elle est apportée principalement par les matières azotées et l’arrosage si besoin.

Si l’humidité est trop basse, la décomposition sera plus lente.
Si elle est trop élevée, cela va également la ralentir, mais surtout, on risque d’avoir des mauvaise odeurs due à une anaérobiose.

Le fait de mélanger des matières Carbonées et Azotées permet généralement d’avoir un bon taux d’humidité. Toutefois, si vous avez eu une élévation de température, cela va provoquer de l’évaporation. Il est donc bon de contrôler et rectifier si besoin est, en arrosant un peu.

Je vous conseille de mettre une bonne couche de Carbone sur le fond pour éviter que toute l’eau s’accumule.
De part leur structure plus solide, les matières Carbonées permettent de créer un peu d’aération, pour assurer cela, vous pouvez retourner votre compost de temps en temps.
Cela peut être utile surtout avec l’effet de tassement vers la fin.

Deux tests intéressant à faire pour contrôler le taux d’humidité

Le test de la tige métallique (pour compost jeune 2 – 3 jours) :

Enfoncer une tige en métal dans le compost. Après 10-15 minutes retirez la :

  • Si elle est chaude et humide = le compostage se passe bien et a une bonne humidité.
  • Si elle est chaude et sèche = il n’y a probablement pas assez d’eau.
  • A l’inverse, si elle est froide et humide = il est probablement trop mouillé.
Le test de la poignée (compost plus mûr) :

Vous pouvez vérifier à la main votre compost en formation.
Pour cela, prenez une poignée de compost dans la main et pressez-la.

  • Si quelques gouttes perlent entre les doigts et que le matériau ne se disperse pas quand vous ouvrez la main = le compost à une bonne humidité.
  • Un fin filet d’eau s’en échappe = il est trop mouillé.
  • Rien ne coule et le paquet se défait = il est trop sec.

Quelques points importants

compost

Pour commencer, placez  votre compost sur terre directement si vous le pouvez. Cela permettra aux micro-organismes de faciliter le travail de compostage.
Si vous faites votre compost sur un toit d’immeuble par exemple et que vous ne pouvez donc pas le mettre sur de la terre, vous avez la possibilité de le mettre sur caillebotis. Cela permettra à l’eau de ne pas stagner sur le fond à cause d’un mauvais drainage.

Ensuite, afin d’avoir un compost riche et de bonne qualité, je vous conseille de mélanger un maximum de matières différentes dans votre compost.

Pour permettre le bon processus de compostage, il est bien d’avoir un assez gros tas, on entend souvent dire que plus c’est gros mieux c’est.
Il est également préférable de placer votre compost dans un endroit ombragé afin de maintenir un bon taux d’humidité. Car s’il sèche trop, votre compostage se fera moins rapidement.
Par ailleurs, éviter les excès de matière animale (os et viande), ainsi que ce qui provient des agrumes. Cela n’est pas très grave si vous mettez ces derniers dans votre compost, mais veillez quand même à diversifier ce que vous mettez dans votre compost, cela évitera de ralentir le processus tout en privilégiant sa qualité.

D’autres points sont également importants à connaître.

Il y a par exemple, le fait de ne pas mettre de produits toxiques, sinon ces derniers se retrouveront dans votre potager par la suite.

Pour ce faire veillez à bien enlever les étiquettes que l’on trouve parfois sur les fruits et légumes que l’on achète.
Il y a aussi certains cartons ou papiers à ne pas utiliser dans vos composts. Ceux qui possèdent des encres de couleur contiennent parfois des métaux lourds et les cartons en provenance de continents étrangers ont bien souvent été traités avec des substances toxiques qui sont néfastes pour l’environnement.

L’emplacement est également important. Je vous conseille de choisir un emplacement assez facile d’accès vu que vous devrez vous y rendre peut être tous les jours, à mettre donc en zone 1.
Comme nous l’avons précédemment, il faut toujours prendre garde au risque d’anaérobiose. Pour éviter cela, ne mettez jamais votre compost sur un sol très concave ou dans un trou.
En plus de cela, il est conseillé de toujours protéger votre compost des intempéries. Pour ce faire, vous pouvez soit le couvrir avec une bâche ou le placer sous un abris.

 

 

 

Les 6 méthodes principales de compostage

Nous allons maintenant voir différentes façons de faire un compost. Vous pourrez grâce à cela prendre ce qu’il vous plaît et utiliser au mieux la ou les méthodes qui seront les mieux adaptés à votre situation.

Le compost à froid :

Le compost à froid est sans doute la méthode la plus connue de toutes.
Il suffit de faire un tas de différentes matières sans les remuer ou très peu.
Il peut être fait dans un silo, un fut ou en tas directement par terre tout étant protégés des intempéries.

Avantages : très peu de travail.

Inconvénients : Lent = Met environ plus qu’une année avant d’être utilisé mais s’ il est brassé, le compostage peut être plus rapide.

Le compost à chaud :

compost à chaud
compost à chaud (source prcct.com)

Le compost à chaud style Berkeley consiste à placer un tiers de fumier, un tiers de matières Carbonées et un tiers de matières azotées.
Vous devrez le mélanger tout les deux jours fin de maintenir une bonne température et veillez à gardez un bon taux d’humidité.
Grâce aux bactéries thermophiles issu du fumier, vous allez pouvoir obtenir un compost rapidement avec une montée en température qui peut atteindre jusqu’à  65 degrés.

Pour les personnes intéressés et qui comprennent l’anglais, je vous laisse le découvrir plus en détail sur ce site deepgreenpermaculture.com.
Pour les autres personnes, ils vous faudra attendre que je fasse mon article sur le compost à chaud. 🙂

Avantages: rapide = environ 18 jours. Il crée de la chaleur et peut donc éliminer les maladies et pathogène présent. Il peut également être utilisé pour chauffer votre serre ou un tuyau d’eau par exemple.

Inconvénients : Demande beaucoup de travail. Gaspille de l’énergie telles que la chaleur et le jus si elles ne sont pas récupérées.
Impossible à réaliser avec de petites quantités (minimum 1 m cube), et produit un compost grossier qui ne sera pas utile pour le semis de certaines plantes.

Le compost de surface :

Cette méthode consiste tout simplement à placer vos matières à composter directement en surface sur vos lieux de cultures.

Avantages : Il n’y a pas de pertes de ressources = ne chauffe pas et le jus est récupéré directement sur place pour les cultures.

Inconvénients : pas de production de terreaux pour faire vos semis.

Le compost sous culture (style culture lasagne) :

Si vous n’avez pas vu mon article sur le potager en coffrage de paille avec culture en lasagne je vous le laisse le découvrir ici.
Cette méthode consiste à faire un compost en lasagne et de cultiver directement sur ce compost. Vous pouvez aussi bien le faire dans un pot, dans un cadre ou en butte.
Cette méthode est particulièrement intéressante pour les personnes qui ont une abondance de matière carbonées ( par exemple de la paille) et de matières azotées ( par exemple tonte fraîche) et qui n’ont pas forcement une terre très fertile voir pas du tout de terre (par exemple sur le toit d’un immeuble).

Avantages : Permet de cultiver n’importe où sans devoir apporter énormément de terre (trottoirs, toit immeuble, balcon, pots), Permet d’utiliser de façon efficace les surplus de matière comme la tonte et la paille. 

InconvénientsBesoins de grosses quantités de matière.

 

Le lombric-compost :

Le lombric-compostage est une méthode qui consiste à faire un élevage de vers de terres du genre Eisenia Foetida ou vers de fumiers et Dendrobena Veneta.
Ces derniers vont décomposer la matière organique et vous créer un compost de qualité ainsi qu’un jus que vous pourrez récolter au bas à l’aide d’un robinet.

lombric-compost
Lombric-compost

Avantages : Il peut être utilisé en appartement et est inodore. Produit un thé de compost super nutritif (à diluer!). Une fois que vous avez assez de vers le compost est obtenu assez rapidement (environ 6 à 8 mois).

Inconvénients : Pas tout ne peut être composté dedans, par exemple l’ail et les graines de papaye qui sont vermifuges et ne sont donc pas conseillés.

Et les toilettes sèches :

Si vous n’avez pas encore lu mon article sur les toilettes sèches vos pouvez cliquez ici pour le voir. 🙂

AvantagesÉvite le gaspillage et la pollution de l’eau.

Inconvénients : Demande un peu de mise en place et d’organisation.


J’espère que cet article vous à plu.
Si c’est le cas, n’oubliez pas de vous abonnez à ma page Facebook (apprendre la permaculture) en cliquant à droite. 🙂  →→→

Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel article.

Bonne restaur’action à tous. 😉

Le compost, comment ça marche ?
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